SOS fantômes 2

janvier 22nd, 2015

SOS fantômes 2Du plasma rose coule dans les égouts de New York, des fantômes terrorisent la populace hébétée, l’esprit d’un tyran moldave hante le Musée d’As de Manhattan. Et la chanson-générique du film de demander «Who you’re gonna call?» (Qui allez-vous appeler?). Réponse à mille francs (et à des millions de spectateurs) Ghost busters, bien évidemment. Cinq ans après le premier opus, revoilà nos lascars, tels que le succès du premier épisode les a laissés ou presque. Bien sûr, Dan Aykroyd a pris entre-temps autant de kilos que Liz Taylor après un spaghetti party. Bien sûr, Sigourney Weaver semble prête à dégainer à tout moment sa panoplie d’Alien girl. Bien sûr, les scénaristes n’ont pas beaucoup fait évoluer intrigue et personnages. Pourtant, passées ces réserves, eh bien… on rigole souvent tout au long de «SOS fantômes 2», même si on aurait souhaité plus de folie de la part du réalisateur et des auteurs. Comme dans beaucoup de «suites» de film à succès, on sent que les producteurs ont voulu à tout prix recopier le contenu de l’épisode initial en reprenant les mêmes recettes et les mêmes gimmicks. Ça marche plus ou moins cette fois encore, mais un regain d’originalité est ardemment souhaité pour l’éventuel troisième épisode…

L’homme qui voulait savoir

L'homme qui voulait savoirUne jeune Hollandaise disparaît dans un parking d’autoroute en France. Son mari part à sa recherche. Vainement. Des mois après l’homme responsable de cette disparition attire le mari sur une nouvelle piste et lui propose un marché : s’il veut savoir la vérité, il devra accepter de subir une dernière épreuve. Voilà un film qui ne ressemble à aucun autre. L’histoire criminelle, et à suspense, se double du portrait d’un assassin hors du commun : un homme apparemment ordinaire, un esprit curieux et scientifique, qui a choisi le crime comme terrain d’expérimentation. Nous sommes déconcertés, intrigués, passionnés, jusqu’à un final aussi choquant que logique. Avec «L’homme qui voulait savoir», Georges Sluizer a réussi un film obsessionnel, un peu dans la lignée du «Voyeur» ou de «Matador». Une œuvre perverse, servie par Bernard-Pierre Donnadieu dans ce qui est peut-être son meilleur rôle. Une composition fascinante, subtile et puissante qui prouve que ce comédien est, chez nous, scandaleusement sous-employé.

Black Rain

janvier 7th, 2015

Black RainNick Conklin, flic new-yorkais, sa vie, ses œuvres, ses désespoirs : sa femme réclame le divorce, ses supérieurs hiérarchiques le soupçonnent de toucher des pots-de-vin et, pour couronner le tout, le truand japonais qu’Il était supposé remettre aux autorités nippones lui file entre les doigts. Que demander de pire ? La réponse arrive rapidement : retrouver le malfrat à Osaka, mégalopole froide et impersonnelle que Conklin sillonne au péril de sa vie. En demandant à Ridley Scott de mettre en scène une histoire où un chat désabusé traque une souris meurtrière, les producteurs de «Black rais» savaient parfaitement à quoi s’en tenir. La trame n’est qu’un prétexte, pas très original, mais habilement amené et traité. On l’a compris, l’essentiel est ailleurs. D’ abord dans la performance de Michael Douglas, plus physique, mais tout aussi convaincante que les précédentes. Ensuite et surtout dans l’importance accordée par Scott au lieu de l’action, le Japon, considéré ici comme partie intégrante de l’intrigue et non pas comme un quelconque décor de carte postale. Le choc des cultures et des mentalités oppose le flic new-yorkais iconoclaste à son homologue nippon respectueux des traditions. Totale dans un premier temps, l’incompréhension qui les sépare s’atténue progressivement sans totalement s’effacer. Et lorsque Nick Conklin affronte le dangereux truand bridé, il oublie rapidement ses velléités de sobriété pour user (et abuser) de la méthode Rambo. De stylisée, sa violence devient gratuite au grand dam de la cohésion de l’ensemble. Voir Michael Douglas lorgner du côté de Stallone ne manque pas de piquant. Espérons qu’un jour, l’inverse soit également possible…

Oliver et compagnie

décembre 21st, 2014

Oliver et compagnieLe roman de Charles Dickens, «Oliver Twist », a souvent été porté au cinéma, mais jamais transposé comme ici ! Le Londres de l’époque victorienne cède la place à New York city, de nos jours. Oliver, l’orphelin pitoyable, est devenu un chaton téméraire, qui échoue dans un coin perdu du port, où il est adopté par une bande de chiens et de chats qui travaillent pour un pauvre diable nommé Fagin. On n’insiste pas, ici, sur leurs activités de voleurs à la tire, montrées comme de l’innocent chapardage, prétexte à une course-poursuite de voitures délirante dans les rues de Manhattan. Recueilli par une petite fille très riche qui vit dans une maison somptueuse, sous la garde d’un majordome stylé, Oliver sera récupéré par les sympathiques malandrins. C’est alors que Fagin, à la merci d’un gangster implacable et de ses cruels dobermans, tente de se tirer d’affaire en mettant en scène un pseudo-kidnapping. Et voilà comment un mélodrame du 19e siècle fournit la trame d’un nouveau dessin animé qui, s’il respecte le style et les recettes des produits Disney, nous évite toutefois les sempiternels larmoiements. Le rythme est parfait, les méchants aussi réussis que d’habitude, et surtout, pour une fois, la bande musicale est loin des habituelles mièvreries sirupeuses Billy Joel, Bette Midler, Huey Lewis interprètent quelques titres entraînants – du moins dans la version originale, car dans la version française, tout ceci a été joyeusement (?) doublé.

Comic book confidential

Un film sur la BD? L’entreprise est périlleuse, on l’a déjà vu. On se réjouit d’autant plus de cette réussite qui nous vient du Canada. Le réalisateur Ron Mann passe en revue tous les «bédéastes» qui, depuis la guerre, se sont écartés des normes, ont provoqué, ont contesté. Les francs-tireurs, les marginaux, les militants, les indépendants de tout poil, ça fait du monde. On commence avec l’épopée des BD d’horreur des années 50, les PC comics qui provoquèrent procès et croisades! Puis on a droit aux super héros parodiques les plus excessifs, aux pastiches pornos de Mickey, à l’épopée de Mad, aux délires des campus à l’époque psychédélique avec Fritz le chat et les Freaks Brothers, jusqu’aux résurrections agressives de Barman et à la tragédie contemporaine de «Maus» d’Art Spiegelman… Entre les interviews; c’est un véritable kaléidoscope de dessins, de couvertures, de planches multicolores, un tourbillon animé et « mis en page » avec une constante invention, avec une excellente idée de courtes histoires sont lues et «interprétées» par leurs propres auteurs.

Montgolfières

décembre 5th, 2014

C’est dans l’immense parc du château de Vascoeuil, site magnifique à quelques encablures de Rouen, que nous débarquons ce jour pour une compétition hors-normes, une course de montgolfières. Bicentenaire oblige, le château accueille une exposition de toiles inédites de Buffet sur la Révolution. Coïncidence, c’est le nom du ballon à air chaud dont nous avons pris possession, traduisant avec bonheur l’esprit révolutionnaire qui anime parfois nos initiatives journalistiques. Et c’est le cas de ce reportage, de ce voyage de deux jours avec compétition à l’appui. Elle se déroule de façon très simple. Un ballon-renard (ou lièvre, si vous préférez une autre fable de La Fontaine) suit un itinéraire de son choix, plutôt cahoteux. Tous les autres ballons (nous sommes dix-sept) suivent ce guide et doivent se poser au plus près pour marquer le maximum de points. Bien sûr, le ballon-chef multiplie les fausses manœuvres et les faux atterrissages.montgolfières Dans le ciel de Normandie, c’est donc une caravane de montgolfières qui se déplace à bonne vitesse vers un objectif inconnu. A propos d’objectif, celui du caméscope embarqué à bord, le Canon Al, fera ses preuves malgré quelques instabilités (légèreté de l’appareil oblige) et de nombreux «chahuts» de mise au point dû à la brume et à la forte luminosité à ces hauteurs. Je n’hésite pas à me suspendre à l’un des ballons pour tester l’appareil dans des conditions extrêmes. En plus de sa parfaite prise en main (le design mi-appareil photo, mi-caméscope y est pour beaucoup), le Canon Al a de gros atouts : des fonctions magnétoscope très accessibles, une trappe cassette pratique, un zoom x 10 parfait, un générateur de caractères et, bien sûr, une qualité d’image et de son excellente qui n’est pas altérée par les conditions climatiques. En dehors des quelques tracasseries de mise au point, le seul petit défaut de l’appareil se situe sur la fonction mise en route qui est trop proche de la poignée centrale, et l’Al est parfois mis en marche sans que l’on s’en rende compte. Ce sont des choses négligeables lorsqu’on survole notre beau pays à plus de 1 000 mètres d’altitude et qu’on enregistre des images grandioses, sublimes, spectaculaires. Des images que l’on peut visionner en toute quiétude, bien au chaud, quelques heures plus tard. La vidéo, c’est beau, non?

Interview J.P Belmondo : itinéraire d’un acteur gâté

novembre 20th, 2014

BelmondoC’est un monument, une des trois ou quatre stars du cinéma français. Il a tourné avec les plus grands réalisateurs, joué auprès des acteurs et actrices les plus importants. Jean-Paul Belmondo a près de 70 films à son palmarès. Acteur fétiche de la Nouvelle Vague, flic champion du box-office, il entame aujourd’hui une nouvelle carrière, alternant avec bonheur la scène (le triomphe de «Kean» et, en janvier, «Cyrano de Bergerac») et des films plus «humains» («Itinéraire d’un enfant gâté», de Claude Lelouch, qui sort ce mois-ci en vidéo chez Fil à Film). Interview d’un monstre.., de professionnalisme et de sensibilité.

Avez-vous déjà eu la tentation, comme Sam le héros du film de Lelouch, de tout lâcher pour vivre oublié de tous?

J’aime trop jouer la comédie pour partir définitivement. Il m’arrive, comme tout le monde, de m’évader un mois pour me reposer, pour recharger mes batteries. Si un jour je n’ai plus envie de faire l’acteur, je partirai définitivement, sans comeback. Mais ce n’est pas pour demain.

Référence au film. Pour boire, bouffer et baiser,pensez-vous vraiment que les animaux se «démerdent» mieux que nous?

Ils se posent moins de questions, c’est sûr. Dans le film, de nombreuses scènes avec les lions ont été coupées pour ne pas faire un documentaire à la Frédéric Rossif, mais il y a une cruauté chez les animaux qui n’a pas cours chez les hommes. Enfin presque… (rires).

En ce qui concerne les bateaux, on avait l’habitude de vous voir sauter dessus depuis un hélicoptère.Dans «Itinéraire d’un enfant gâté», vous avez plutôt un côté Kersauson.Quel changement!

Dans la vie, je suis plutôt hors-bord que voiliers, mais ça a été une expérience intéressante. Et puis vous savez, le côté cascadeur, c’est fini pour moi. Il faut savoir s’arrêter au bon moment. Je ne veux pas qu’on dise : «Ah, pour son âge, il est encore en forme.» J’ai eu assez de plaies et de bosses dans ma carrière et je ne souhaite pas entendre ce genre de phrases. Pour comparer avec le sport, je pense que les gens préfèrent voir un champion partir après une victoire plutôt que de le voir décliner en faisant traîner sa carrière. Je me retire de la catégorie après m’être beaucoup amusé, sans aucun regret. Rassurez-vous, je suis toujours en pleine forme…

Comme le héros du film,êtes-vous un enfant gâté?

Je suis un enfant très gâté. J’ai eu de la chance, mais j’ai su la saisir au bon moment. Dans mon métier, je n’ai jamais eu de période noire.-J’ai des enfants formidables, j’ai eu un père et j’ai toujours une mère fantastiques, et j’ai de l’argent pour vivre très bien. Je fais partie de ceux qui disent merci tous les matins.

Faites-moi une confidence, mes copines en seraient ravies. Êtes-vous un bon coup?

(Rires). Être un bon coup ou pas, cela fait surtout partie de la légende et des papotages entre femmes. A mon avis, ça dépend de la personne avec qui vous êtes. Telle femme va être ravie de vos «prestations» et une autre risque d’être déçue. C’est la même chose dans l’autre sens, si l’on peut dire.

Des cassettes, en vision-nez-vous autre part qu’au fin fond de l’Afrique?

Bien sûr. J’ai une belle vidéothèque chez moi. J’adore revoir de vieux films, mais surtout pas les miens. Pour un acteur, c’est terrible de se revoir à vingt-cinq ou trente ans. J’ai du mal à me sentir concerné, j’ai l’impression de voir mon fils. Je visionne surtout des vieux polars américains, des classiques français des années 40-50. Ce n’est pas toujours facile d’en trouver, mais je me débrouille. Aujourd’hui, les gens préfèrent la couleur au noir et blanc, la télévision ne diffusant pratiquement plus de ces superbes productions qui pourraient séduire un public jeune. C’est dommage…

Votre fils fait une apparition dans «Itinéraire…». Avez-vous toujours aussi peur au bord des circuits et pensez-vous qu’il fera un jour carrière en F1?

Belmondo 2Oui, j’ai toujours peur. Lorsqu’on voit son fils arriver dans un virage à 300 km/h, on frémit. Je ne sais pas s’il va faire une carrière en F1 car je crois que cela dépend de la voiture qu’il conduit. Jusqu’à maintenant, il n’a pas vraiment eu le véhicule pour s’exprimer. Je souhaite surtout qu’il n’ait aucun regret…

Si vous obteniez un nouveau César, le refuseriez-vous toujours comme vous l’avez fait cette année?

Jusqu’à ma mort, je refuserai cette distinction. J’espère que l’on ne m’en décernera pas un à titre posthume. Je vais être obligé de l’interdire par testament. Blague à part, je respecte les acteurs qui participent à cette manifestation et qui montent sur scène mais, comme je l’ai déjà dit, la reconnaissance du public est pour moi la plus grande distinction. Par exemple, quand le public m’a chanté «Ce n’est qu’un au revoir» lors de la dernière de «Kean», je n’aurais pas échangé ce moment contre mille Césars.

A ce propos, comment jugez-vous, avec le recul, ce retour sur scène?

Ça restera un des plus beaux souvenirs de ma vie. C’était un pari difficile que j’ai prétentieusement réussi. J’aurais pu jouer la pièce encore longtemps…

Vous répétez actuellement le «Cyrano de Bergerac» mis en scène par Robert Hossein. C’est un spectacle qui a eu du malà se monter, non?

Ça a été très dur. C’est la première fois que cette pièce est montée dans un théâtre privé, qui ne bénéficie d’aucune subvention de l’État, et la lourdeur du budget, avec 42 personnes dans la distribution, a effrayé dans un premier temps les responsables de la salle. C’est désormais en très bonne voie…

Au moment où vous serez Cyrano au Théâtre Marigny, le «Cyrano» de Jean-Paul Rappeneau sortira en salle avec Gérard Depardieu dans le rôle titre. On s’attend à un combat de titans…

Pour être très honnête, je dois avouer que j’aurais préféré qu’il y ait un décalage entre les deux événements. Cela dit, nous n’avons pas le même challenge car, pour un film, vous êtes obligé d’adapter l’histoire alors que nous allons rester fidèles au texte. Le jeu est différent, le support est différent, on verra bien. Et puis ça fait partie du métier d’acteur de «subir» les comparaisons. Ça ne me dérange pas, chacun suit son chemin…

En dehors du plateau de«7 sur 7», comment réagissez-vous à l’actualité?

J’ai été très sensible à ce qui s’est passé en Chine et je suis ravi de voir que la Hongrie et l’Allemagne de l’Est se démocratisent grâce à l’action, entre autres, de Gorbatchev. Parallèlement, je suis scandalisé par la -dictature qui fait des ravages en Roumanie. Les dictatures sont horribles à droite comme à gauche, et tout le monde s’en fout. On met des badges, mais on ne va pas délivrer les gens. Regardez la Pologne, le Liban, etc.

Mi-gangster, mi-clown dans «Hold-up», enfant de la balle dans «Itinéraire…», le cirque vous fascine tant que ça ?

Ma mère m’y a amené très jeune et j’ai toujours été fasciné par le cirque. Je regrette qu’en France, les cirques disparaissent les uns après les autres.

Belmondo 3Un rôle comme celui de Delon dans la série «Cinéma» vous ferait-il enfin draguer pour la télévision?

Pas du tout. Je n’ai pas d’attirance pour ce média. Je passe suffisamment souvent à la télévision avec mes films et dans quelques émissions pour me contenter de mon statut d’acteur de cinéma. Si Delon a fait cela, c’est qu’il en avait envie. Ce n’est pas mon cas.

Le tennis, c’est uniquement dans une loge de Roland-Garros ou pratiquez-vous toujours assidûment?

J’adore jouer au tennis et je l’apprécie d’autant plus quand je vais voir les grands joueurs.

Que faites-vous quand vous ne travaillez pas?

Je travaille beaucoup. Je m’occupe des œuvres de mon père, je produis des films, etc. Autrement, je voyage, je vais au spectacle, je joue au tennis et j’adore le farniente.

Une journaliste a demandé récemment à Marion Brando comment il réagissait au fait qu’il était considéré comme le plus grand acteur vivant au monde. Il a répondu que les gens avaient toujours besoin de ces critères du plus grand, du plus fort,du plus beau. Comment répondriez-vous à la même question ?

Là encore, c’est une question d’appréciation selon les individus et, de toute façon, je réagirais comme Brando. Quelqu’un va vous sauter dessus dans la rue en vous disant que vous êtes le meilleur et, deux minutes après, va dire la même chose à Delon s’il passe à son tour. Le principal, c’est qu’un minimum de gens le dit, non?

Quels sont vos projets cinématographiques?

Je ne suis pas pressé. J’ai des projets en cours dont un, à nouveau, avec Claude Lelouch. Je veux éviter les polars bien évidemment. Pas de «Flic contre le guignolo» en vue. J’ai fait ces films au bon moment pour le public comme.., pour moi. D’ailleurs, j’ai joué «Kean» alors que «Le solitaire» n’était pas encore sorti et je savais déjà que ce serait le dernier du genre. Le succès moyen de ce film n’a fait que confirmer mon désir. Et puis je vais vous avouer une chose, je sentais vraiment le besoin de revenir à de «vrais» rôles et à de «vrais» textes. Dans les films policiers, c’est «Passe-moi le sel» ou «bouge pas, tu vas en prendre une», deux gifles, un sourire sardonique et l’affaire est dans le sac. Je ne renie rien, mais j’avais besoin de passer à autre chose. Quand j’étais plus jeune, il s’est produit le même phénomène dans la période Godard, Louis Malle, etc. J’en avais marre de faire des films intellos. Amusant, n’est-ce pas?

Quelle est la question la plus pourrie qu’un journaliste vous ait posée?

Il n’y en a pas une en particulier. Je n’aime pas beaucoup qu’on aborde les problèmes de ma vie privée, en plus de façon sordide. L’argument est que ça intéresse les gens. Franchement, je crois que les gens s’en foutent.

Vous couchez avec qui en ce moment?

(Éclat de rire)…

Traci Lords en pleines formes

novembre 11th, 2014

S’agirait-il, en quelque sorte, d’une épidémie, ou, plus prosaïquement, d’un virus subtil et pernicieux qui pousse les plus ravissantes actrices made in US à prodiguer aux plus communes des mortelles des leçons d’amaigrissement et d’anticellulite, par films ou bouquins interposés? On serait tenté de le croire, puisque après Jane Fonda la frondeuse et Raquel Welch la pulpeuse, voilà qu’apparaît sur un marché, que d’aucuns — des gros, sans doute! — qualifiaient déjà de sursaturé, une nouvelle cassette adorablement animée par Trac’ Lords, intitulée avec une justesse qui frôle la tautologie, «Mise en forme avec Traci Lords» (Hachette Vidéo, distribuée par Film Office).Traci Lords en pleines formes Mais peut-être n’est-il pas inutile de revenir sur l’étonnante carrière de la dénommée Lords. Traci a eu l’immense bonheur de concrétiser ses multiples talents dès son plus jeune âge. En effet, à l’instar de Shirley Temple, elle a débuté dans le métier du showbiz alors même qu’elle était mineure. Oh! Certes, elle a refusé d’emblée un remake de «Jeanne d’Arc», une nouvelle vie de Thérèse, le rôle de Marie dans «Jésus de Nazareth» et l’interprétation carrément subliminale de Bernadette Soubirous, qui lui auraient pourtant valu un pont d’or à Hollywood. Cette jeune fille pas trop sage a préféré sans conteste prendre une direction certainement plus farfelue, mais davantage lucrative. Elle a manifesté très vite des aptitudes résolument hors du commun pour des positions qui relèvent davantage de l’acrobatie que de la simple mouvance. La belle Traci a donc été très vite remarquée pour ses performances athlétiques. D’autant qu’elle savait, à la suite d’un entraînement rigoureux, voire draconien, faire fonctionner tous, je dis bien tous, les muscles de son corps félin. Les amateurs, les vrais, c’est-à-dire ceux qui l’ont suivie depuis le début, se souviennent encore de sa surprenante agilité bucco-linguale dans des situations où d’autres, moins en condition, auraient depuis longtemps renoncé, abandonné, abdiqué, capitulé. Ou encore l’étonnante mobilité de ses glandes mammaires, dont elle savait jouer avec un art de pro, tellement consommé qu’on aurait cru ses seins «graffités» par un preux Botticelli, chantre énamouré des poitrines imposantes, mais qui jamais ne tomberont. Mais il conviendrait aussi, et nous pourrions en gloser à l’encan, d’évoquer l’inimitable façon dont elle bouge ses mirifiques globes fessiers. On les jurerait indépendants, mus magiquement d’une vie autonome, tant leur joie de vivre s’exprime en grand bonheur. Les puristes chercheraient en vain la moindre trace de vergetures, de points noirs ou d’infamantes purulen-ces. Que nenni ! Elle ignore avec mépris la fesse en goutte d’huile, le cuissot vergeteux et la culotte de jument, la grande Traci. Elle affirme au contraire son goût prononcé pour l’infinie pureté des formes, et cette cassette de gym tonic en apporte la preuve la plus éclatante. Car, en effet, Traci Lords nous propose ici un extraordinaire programme de gymnastique en douceur. «Jazzthetics» est entièrement conçu pour assouplir le corps sans jamais forcer sur les articulations, les plus minimes soient-elles Malgré la beauté revigorante de la splendide égérie, vous pouvez d’ores et déjà rassurer votre système car dio-vasculaire. Ici, on travaille dans le calme et la douceur. Point d’efforts tarabiscotés à se faire péter les lombaires, pas de -mouvements désordonnés au point de s’éclater une vertèbre, la vie qui rassérène s’écoule ici comme un ruisseau bien calme. Précisons toutefois que cette méthode, totalement novatrice, a été spécialement créée pour combattre, et pourquoi pas vaincre, la cellulite et ses nombreux méfaits. Tanya Everett, chorégraphe au President ‘s council of physical fitness, a con- t sacré plusieurs de P4’, ses meilleures années à mettre au point ces divers exercices d’assouplissement destinés, a l’origine, aux danseurs de jazz On peut considérer cette cassette comme le dernier cri en matière d’aérobic souple. Décidément, Traci Lords nous étonnera toujours avec autant d’acuité, tant par ses formes que par sa forme!

Confession criminelle

octobre 19th, 2014

Réglons tout de suite son compte, si l’on peut dire, à l’histoire. La ville de Detroit est en émoi. Un psychopathe assassine des prêtres et des religieuses sans aucune raison apparente, signant ses meurtres d’un chapelet noir qu’il dépose sur les cadavres. Le père Koesler, vicaire d’une paroisse et responsable d’un journal catholique, n’est pas concerné par cette série de crimes, mais s’engage à aider la police dans ‘ses recherches. Jusqu’au jour où le tueur fou vient se confesser à lui. Tiraillé entre le souci de ne pas trahir le secret de la confession et celui d’arrêter le massacre, Le père Koesler va s’efforcer de protéger les futures victimes. Il est le seul à savoir qui et pourquoi… Adapté du superbe roman d’Elmore Leonard, «Rosary murders», ce «confession criminelle» fait penser à la production récente de Jean-Jacques Annaud. «Le nom de la rose» et surtout, au remarquable film du mythique Alfred Hitchcock, «La loi du silence» avec Montgomery Clift. Car le centre, lenœud de l’intrigue, se situe dans le secret de la confession qui remet en cause les institutions et même la morale de notre société. Et Fred Walton s’en sort admirablement dans sa mise en scène, ménageant les susceptibilités religieuses tout en posant la question : que doit faire un prêtre dans une telle situation? Ce désarroi est rendu de – façon plus que convaincante par un Donald Sutherland parfait en tout point. Il est vrai qu’il a déjà enfilé la soutane dans «Petits meurtres sans importance» d’Alan Arkin et dans «Act of the heart» de Paul Almond. L’expérience, ça paye. Et il n’en manque pas le bougre (voir portrait par ailleurs) qui a trimballé sa grande carcasse (près de 2 mètres) et son indéniable talent dans des productions aussi célèbres que «Mash», «Klute», «Casanova» ou «Des gens comme les autres». «Confession criminelle» est son cinquantième film et il avoue : «Aujourd’hui, j’en suis arrivé à un point où je peux me permettre de choisir des films qui sont à mon goût. Celui-ci en estun. Il requiert des qualités d’acteur qui sont très importantes pour moi. De plus, Fred Walton est un excellent metteur en scène.» Ce n’est pas nous qui dirons le contraire. En effet, Fred Walton a su créer une atmosphère très particulière où se mêlent l’angoisse, la violence meurtrière et la réflexion. C’est le quatrième long métrage de ce «jeune» réalisateur qui a déjà à son palmarès «April fool’sday», «Hadley’srebellion» et, surtout, «Terreur sur la ligne» (prix spécial du jury au Festival d’Avoriaz 1980) avec Carol Kane et Charles Durning. Ce dernier est d’ailleurs le «confrère» intolérant et conservateur de Sutherland dans le film qui nous intéresse. Spécialiste des seconds rôles, il a fait une belle carrière avec des films tels que «Sœurs de sang» de Brian de Palma, «L’arnaque» de George Roy Hill, «Un après-midi de chien» de Sidney Lumet ou «Tootsie» de Sydney Pollack. Une distribution de choix, une histoire prenante et du suspense, tous les ingrédients sont réunis pour faire de «Confession criminelle» un des grands succès vidéo de cette fin d’année. S’il vous reste quelques doutes, comme le père Koesler, écoutez les différentes émissions de Skyrock qui font la part belle à ce Coup de cœur. Un coup de cœur à qui on donnerait le bon Dieu sans confession…

Michael Douglas

octobre 9th, 2014

Nul autre que Michael Douglas n’aura mieux incarné, au hasard des toiles et des étoiles, ces satanées années 80 qui rendent l’âme. Chevalier des temps modernes opérant sur les champs minés du nucléaire («Le syndrome chinois»), du showbiz («Chorus line»), de la chambre à coucher conjugale («Liaison fatale») ou de Wall Street, le voici maintenant qui, dans (« Black rain » et sous la houlette de Ridley Scott, va voir au Japon s’il y est. Le fils de Spartacus lancé à la poursuite des samouraïs jaunes? Pas exactement D’abord, et en parfait «self-made sons qu’il est, le bougre a dépassé depuis belle lurette le cliché «Michael, fils de…». Ensuite, et dans ses nouvelles tribulations, Michael D (alias, ici, un flic vaguement ripou et très teigneux) ne nous la joue pas «An American in Japan», mais plutôt «Qui a peur de Rambolino Woolf ?» Les coups, il en donne (et en reçoit) comme s’il en pleuvait En souvenir, peut-être, du temps révolu, où lui aussi recevait son dû de coups fourrés généreusement distribués par les si «sympathiques» gens du métier. Plusieurs gros succès après (en tant qu’acteur ET producteur), Michael peut bien se permettre de leur adresser le plus senti des bras d’honneur. Au nom du père, du fils et du cinéma…

TOPSHOTS-FRANCE-FILM-FESTIVAL-CANNES«Black rain» est produit par Sherry Lansing et Stanley Jaffe, par ailleurs producteurs de «Liaison fatale». On prend les mêmes et on recommence?

Pas du tout. Je connais Sherry Lansing depuis très longtemps. Elle fait partie des rares personnes qui m’ont toujours soutenu quand, dans ce métier, on croyait peu en moi. Elle était déjà productrice à la MGM quand j’ai tourné «Coma», puis à la Columbia quand j’ai joué dans «Le syndrome chinois». Elle croyait dur comme fer à mon potentiel en tant qu’acteur alors que, dans ce métier, on ne me prenait pas au sérieux. Et cela, je ne l’oublierai jamais.

Etiez-vous à ce point affecté par ce manque de considération de la part de vos pairs ?

Absolument. Les gens me demandaient sans cesse pourquoi je m’obstinais à vouloir jouer la comédie. Ils ne comprenaient pas pourquoi un type ayant obtenu un Oscar en tant que producteur pour «Vol au-dessus d’un nid de coucou» voulait se compliquer l’existence en passant devant la caméra. Leurs réactions allaient de l’incrédulité au manque total de confiance en mes dons d’acteur. D’ailleurs, à cette époque, mon père a été une des rares personnes de ce métier à me soutenir inconditionnellement en me répétant sans cesse qu’il serait dommage que je ne m’occupe que de production et qu’il savait, pour m’avoir vu jouer à l’université, que j’avais de bonnes dispositions.

Revenons à «Black rain». Avez-vous participé,d’une façon ou d’une autre, à sa production?

Je suis associé à la production, mais c’est plus un titre qu’autre chose. Aujourd’hui que je gagne suffisamment d’argent en tant qu’acteur, je ne veux plus coiffer les deux casquettes. Cela représente trop d’énergie dépensée pour peu de satisfactions véritables. Les problèmes sont multipliés par deux et on ne profite pas du bon côté de ces deux fonctions.

Tout comme dans «Wall Street», vous incarnez,dans le film de Ridley Scott, un personnage apriori antipathique que les circonstances transforment en héros. Les héros,les vrais, sont-ils fatigués ou démodés?

Les «méchants» sont toujours beaucoup plus intéressants à interpréter que les héros traditionnels. D’ailleurs, vous remarquerez que les acteurs obtiennent leurs plus grands succès personnels quand ils incarnent des salauds ou des types pas très nets plutôt que des gentils. Les meilleurs exemples que je puisse vous donner concernent mon père et ses compositions dans «Le champion», «Les ensorcelés» et «Le gouffre aux chimères», ou encore Paul Newman dans «Hud». Jack Nicholson a bâti sa carrière en jouant ce genre de personnages. Dans ces circonstances, vous comprenez mon enthousiasme quand on m’a proposé de jouer le flic pas très réglo de «Black rain». Finis les rôles d’avocat ou d’homme d’affaires toujours en costume trois-pièces. Je tenais à incarner un homme physique et souvent violent, issu de la rue, où il vit et se bat.

Perfect Murder, AEn somme, vous troquez la panoplie du parfait yuppie, endossée lors de vos précédents films, contre une image davantage recentrée côté classe moyenne américaine…

Je ne sais pas ce qu’il en est en France, mais cette fameuse classe moyenne est une espèce en voie de disparition aux États-Unis. Il existe un nombre croissant de personnes qui travaillent depuis quinze-vingt ans et qui, à cause de la baisse de leur pouvoir d’achat, sont obligées de vivre au jour le jour et dépensent l’argent économisé pour acheter leur maison. Pour les besoins de mon rôle, j’ai passé beaucoup de temps l’an dernier avec des policiers de la brigade criminelle de New York. Je me suis rendu compte à quel point ceux-ci travaillent dans des conditions difficiles pour des salaires de misère. Je me souviens d’un flic de cinquante ans, récemment divorcé, qui dormait la nuit dans un sac de couchage dans le vestiaire de son commissariat. Tout cela parce qu’il n’avait pas les moyens de se payer un appartement. Des types comme lui, vous en rencontrez partout. Ils sont en colère, mais ne savent. pas contre qui diriger cette colère. Beaucoup d’entre eux se cherchent alors des boucs émissaires qu’ils rendent responsables de tous leurs maux.

En ce moment, le Japon fait figure de favori dans la catégorie des boucs émissaires les plus cités aux États-Unis.

Oui, et sans que cela soit totalement justifié. Nous avons utilisé ce facteur dans «Black rain», dont l’intrigue se déroule en majeure partie au Japon. Le choc des cultures entre le flic que j’incarne et son collègue japonais est aussi important que les nombreuses scènes d’action qui émaillent l’intrigue.

Justement, au cours d’une séquence de ce film, Kate Capshaw, qui y interprète une hôtesse de night-club, vous dit (parlant des flics japonais avec qui vous êtes supposé collaborer) : «Ils n’aideront jamais un gai gin (terme désignant un étranger) qui est, à leurs yeux, un être différent, un barbare». Connaissant les difficultés que l’équipe du film a dû affronter là-bas,pensez-vous que cette opinion résume également l’attitude des Japonais à votre égard pendant le tournage?

Contrairement aux États-Unis, démocratie conçue sur l’idée d’une pluri-identité ethnique, le Japon est à 98% composé de Japonais pure souche issus de tribus ancestrales et de 2% de Coréens. Je ne veux surtout pas avoir l’air de sous-entendre qu’ils vivent en circuit fermé, bien au contraire. Mais les problèmes que nous avons rencontrés étaient surtout dus à une certaine rigidité de la part de fonctionnaires qui ne comprenaient pas, par exemple, qu’on puisse s’écarter du planning qu’on leur avait préalablement soumis. Le fait de changer d’idée à la dernière minute et de décider que telle scène serait filmée à dix mètres de l’endroit prévu était source de complications inouïes. Il nous était très difficile de filmer dans les rues à cause du trafic et il fallait négocier pendant des jours entiers pour décrocher la moindre autorisation à ce propos. Il nous a également été très difficile de faire accepter aux acteurs japonais, entrevus avant le tournage, l’idée qu’ils devaient tous passer des essais afin que nous fixions notre choix. Pratique courante aux États-Unis ou en Europe, l’audition n’est pas encore passée dans les mœurs là-bas, les acteurs ayant peur de se faire rejeter. Mais ce qui importe, au bout du compte, c’est que les Japonais (acteurs ou techniciens) avec qui nous avons tourné se sont montrés des plus coopératifs à notre égard et nous ont accordé leur confiance.

Pour clore ce chapitre «spécial Japon», que pensez-vous de l’acquisition de la Columbia par la firme nippone Sony?

D’une manière générale, je suis très inquiet quand une compagnie américaine est rachetée par une firme étrangère, tout comme lorsque, au cours des années 60 et au début des années 70, l’Europe reprochait aux États-Unis leur politique d’acquisitions tous azimuts. La baisse du dollar aidant, nous sommes en train de vendre nos actifs immobilisés pour en payer les intérêts, et je pense que nous commettons là une énorme erreur. Mais le problème est différent en ce qui concerne le monde du spectacle. Il faut savoir que l’industrie cinématographique et télévisuelle est, après l’aviation, celle qui génère le plus de bénéfices à l’exportation. Plus de 50 % de nos revenus sont réalisés à l’extérieur des États-Unis. Sur la foi de ces données, vous comprendrez pourquoi je ne suis pas choqué qu’une firme étrangère achète un de nos studios. Mais je ne tolère cela que pour l’industrie du spectacle. Pour le reste, je suis contre.

Dans une grande partie de vos films, sont abordés des thèmes particuliers aux années 80. Comment jugez-vous un autre symbole de ces mêmes eighties, Ronald Reagan?

(Il éclate de rire à la seule évocation du nom de Reagan). Même sous la menace d’un flingue, je n’aurais jamais voté pour lui. Que voulez-vous que je vous dise de plus? Il n’était même pas un bon acteur! (Nouvel éclat de rire). Plus sérieusement, j’estime que les années qu’il a passées à la tête du pays ne nous ont rien apporté de bon. C’était un vrai bordel dont on mesure aujourd’hui l’étendue du désastre. Des fortunes énormes, incroyables, se sont construites ces dix dernières années pendant qu’il était au pouvoir. Et tandis que quelques-uns s’enrichissaient, d’autres, beaucoup d’autres, s’appauvrissaient. Cela a d’ailleurs largement contribué au rétrécissement de cette classe dite moyenne que j’évoquais tout à l’heure. Ces personnes se sont progressivement vues privées de tout rêve et. de tout espoir. Pourquoi pensez-vous que nous avons un si puissant problème de drogue aux États-Unis à l’heure actuelle? Parce que les gens n’ont plus le choix. Si, du jour au lendemain, vous supprimez des programmes sociaux qui ont fait leurs preuves, ne vous étonnez pas de vous retrouver ensuite avec un tas de problèmes sur les bras, dont, malheureusement, celui de la drogue.

Que ce soit dans «Blackrai», «Wall Street» ou «Running», les personnages que vous incarnez sont toujours mus par un désir de vengeance. Cette pulsion fait-elle partie de votre personnalité?

Absolument. La colère et le rejet ressentis au tout début de ma carrière sont toujours enfouis en moi aujourd’hui, ils constituent ma force de frappe et me font surmonter un tas d’obstacles a priori infranchissables. Mais je m’efforce d’utiliser cette pulsion à bon escient et de bien la canaliser sans tomber dans le côté revanchard ou l’agressivité gratuite. Je me suis tellement battu pour faire aboutir des films tels que «Vol au-dessus d’un nid de coucou» ou «Liaison fatale» en qui personne ne croyait, que je peux me permettre de savourer les moments où je rencontre ceux-là mêmes qui me prédisaient les pires échecs à l’époque et qui, aujourd’hui, ont le culot de m’affirmer qu’ils ont toujours cru à ces projets. Dans ce cas, le succès est vraiment la plus douce des revanches…

Confession criminelle

septembre 19th, 2014

Ces meurtres au presbytère… n’ont rien à voir avec Agatha Christie. Ils remuent des zones d’ombre beaucoup plus pro fondes qu’un simple jeu de détective. Adaptation du roman d’Elmore Leonard, «The rosary murders», le film de Fred Walton est beaucoup plus complexe qu’un thriller ordinaire.« 9 Mois Ferme» un film de Albert Dupontel Un prêtre, éditeur d’un journal catholique de Detroit, voit sa vie soudain bouleversée par une série de meurtres étranges. Un inconnu tue des religieux et des sœurs et signe chaque crime en déposant un chapelet noir sur le corps de sa victime. Le prêtre accepte d’aider la police, mais le meurtrier le prend au piège en se confessant à lui. Un grave dilemme se pose soudain au prêtre : stopper ces atrocités sans trahir le secret de la confession. Il doit devancer l’assassin et se mettre dans son état d’esprit… A Fred Walton, on devait déjà un terrifiant et très habile «Terreur sur la ligne» (prix spécial du jury à Avoriaz) où un flic finissait, à force de persécutions, par faire tomber de nouveau un tueur dans sa folie meurtrière. Là encore, dans «Confession criminelle», Walton échappe aux clichés du film de tueur fou pour nous offrir une étude quasi-sociologique de Detroit, grande ville industrielle où le travail, les traditions et la religion jouent visiblement un rôle primordial. Donald Sutherland mène l’enquête avec la sérénité qui convient, mais on le sent aussi constamment au bord du gouffre. Un film de suspense inhabituel, prenant et même lancinant.

Midnight run

Midnight runQue fait un policier à Chicago s’il n’est pas ripou ? Il démissionne ! Comme Jack Walsh (Robert de Niro), qui depuis loue ses services de chasseur de primes. Eh oui ! Le métier de Josh Randall existe encore aux États-Unis. Il écope d’une mission qui devrait être une simple promenade d’agrément (une «midnight run») : retrouver et ramener à L.A. un certain Jonathan Mardukas, comptable de la Mafia ayant détourné 15 millions de dollars pour les distribuer à des œuvres de charité. Ce quidam est également recherché par le FBI (un officier noir joué par le remarquable Yaphet Kotto) et par les tueurs du trafiquant de drogue qu’il a filouté, ce qui ne simplifie pas la tâche de Jack. D’autant que Jonathan (CharlesGrodin) est un sacré énergumène, qui refuse de prendre l’avion. Voiture, train, bus, tous les moyens de transport seront bons pour arriver en Californie. Voilà une brillante transposition en comédie du vieux thème du prisonnier et de son escorte, réussie par un Martin Brest qui avait déjà fait ses classes avec «Le flic de Berverly Hills». Il dirige avec aisance cet extravagant duo entre Robert de Niro, génial comme toujours, et un Charles Grodin qui réussit à être à la hauteur, ce qui n’est pas un mince compliment.

Cop

Les amateurs de polars purs et durs vous le diront : un des plus grands auteurs actuels s’appelle James Ellroy. Sous un titre passe-partout (cop — flic), voici l’adaptation de son roman «Lune sanglante». Son héros, l’inspecteur Lloyd Hop-kins, prend son job pour une mission quasi divine. Devant un horrible meurtre de maniaque, manquant désespérément d’indices, il s’acharne à exploiter son intime conviction : pour lui, l’assassin n’en est pas à son coup d’essai. Il faut retrouver et analyser toutes les affaires non résolues des quinze dernières années. Les ordinateurs tournent à plein régime. Tout ceci n’est pas du goût des chefs d’Hopkins, qui le considèrent comme un parano obsédé (et ont-ils tort ?), ni de sa femme qui finit par le quitter. Seul face au criminel, nôtre flic s’acharne. Suspendu de ses fonctions, il ira jusqu’au bout. James Woods, qui fut saisissant dans «Il était une fois en Amérique», l’incarne avec une brûlante sincérité. L’héroïne, c’est Lesley Ann Warren, une libraire qui va se révéler mêlée à toute l’affaire. Attendez-vous à un suspense particulièrement tendu : vous avez intérêt à avoir le cœur bien accroché.

Prad War (cols de cuir)

septembre 5th, 2014

Prad War («Prad war» appartient au genre de films qui tente, une fois de plus, d’exorciser le démon du Vietnam. Violences, explosions, tortures en tout genre, le cocktail traditionnel est respecté dans ce long métrage inédit, bien réalisé, mais qui s’inscrit toutefois dans un registre surexploité par les cinéastes américains. Les meilleurs réalisateurs de la planète s’y sont frottés. Michael Cimino. Oliver Stone, Stanley Kubrick ont déjà donné dans les chefs-d’œuvre. Aujourd’hui, les petits écrans débordent de téléfilms de série B qui ne font que dénoncer l’horreur de la guerre. Avec ce film, vous retrouverez l’émotion des meilleures productions du genre, des scènes spectaculaires particulièrement bien filmées et des hommes avec leurs angoisses et leurs joies. L’interprétation est campée par des jeunes comédiens prometteurs. Un bon film qui satisfera les moins blasés…

Piège de cristal

Piège de cristalUn homme d’action, en instance de divorce avec sa femme indépendante lancée dans une brillante carrière, est entraîné dans une aventure périlleuse où il devra se surpasser pour lui sauver la vie en même temps que l’avenir de leur couple. C’est le schéma de «Abyss» ? Oui, mais déjà celui de «Piège de cristal», où Bruce Willis, superstar de la série TV «Clair de lune», flic à New York, supporte mal que son épouse Holly (Bonnie Bedelia) occupe un poste important au siège californien de la Nakatomi Corporation, où il se rend pour les fêtes de fin d’année. Une petite réception se déroule au 30e étage du building ultramoderne de la société. Soudain, un commando de gangsters pénètre par le sous-sol, boucle le bâtiment, prend tout le personnel en otage. But : s’emparer des 600 millions de dollars en titres au porteur qui dorment dans le coffre. Moyens : violence, chantage, meurtres sans scrupules. Résultat : du grand spectacle, avec carambolages de voitures, acrobaties dans les cages d’ascenseur, combats à la mitraillette, feux d’artifice au plastic, vrombissements d’hélicos et tirs au bazooka. On n’a pas le temps de souffler, on y croit, d’un bout à l’autre de cet implacable suspense. Les effets spéciaux sont magistraux, et la réalisation de John McTiernan («Predator») renversante d’efficacité. Il est conseillé d’attacher sa ceinture de sécurité.