Oliver et compagnie

Oliver et compagnieLe roman de Charles Dickens, «Oliver Twist », a souvent été porté au cinéma, mais jamais transposé comme ici ! Le Londres de l’époque victorienne cède la place à New York city, de nos jours. Oliver, l’orphelin pitoyable, est devenu un chaton téméraire, qui échoue dans un coin perdu du port, où il est adopté par une bande de chiens et de chats qui travaillent pour un pauvre diable nommé Fagin. On n’insiste pas, ici, sur leurs activités de voleurs à la tire, montrées comme de l’innocent chapardage, prétexte à une course-poursuite de voitures délirante dans les rues de Manhattan. Recueilli par une petite fille très riche qui vit dans une maison somptueuse, sous la garde d’un majordome stylé, Oliver sera récupéré par les sympathiques malandrins. C’est alors que Fagin, à la merci d’un gangster implacable et de ses cruels dobermans, tente de se tirer d’affaire en mettant en scène un pseudo-kidnapping. Et voilà comment un mélodrame du 19e siècle fournit la trame d’un nouveau dessin animé qui, s’il respecte le style et les recettes des produits Disney, nous évite toutefois les sempiternels larmoiements. Le rythme est parfait, les méchants aussi réussis que d’habitude, et surtout, pour une fois, la bande musicale est loin des habituelles mièvreries sirupeuses Billy Joel, Bette Midler, Huey Lewis interprètent quelques titres entraînants – du moins dans la version originale, car dans la version française, tout ceci a été joyeusement (?) doublé.

Comic book confidential

Un film sur la BD? L’entreprise est périlleuse, on l’a déjà vu. On se réjouit d’autant plus de cette réussite qui nous vient du Canada. Le réalisateur Ron Mann passe en revue tous les «bédéastes» qui, depuis la guerre, se sont écartés des normes, ont provoqué, ont contesté. Les francs-tireurs, les marginaux, les militants, les indépendants de tout poil, ça fait du monde. On commence avec l’épopée des BD d’horreur des années 50, les PC comics qui provoquèrent procès et croisades! Puis on a droit aux super héros parodiques les plus excessifs, aux pastiches pornos de Mickey, à l’épopée de Mad, aux délires des campus à l’époque psychédélique avec Fritz le chat et les Freaks Brothers, jusqu’aux résurrections agressives de Barman et à la tragédie contemporaine de «Maus» d’Art Spiegelman… Entre les interviews; c’est un véritable kaléidoscope de dessins, de couvertures, de planches multicolores, un tourbillon animé et « mis en page » avec une constante invention, avec une excellente idée de courtes histoires sont lues et «interprétées» par leurs propres auteurs.

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