Les débuts de carrière de Rob Lowe

Branle-bas de combat dans le jardin intérieur d’un grand palace parisien : un photographe y mitraille Rob Lowe qui se plie docilement à cette tâche lorsque surgit un maître d’hôtel, lèvres pincées et condescendance de circonstance. « Les clients du restaurant attenant au jardin sont gênés par les flashes », lâche le quidam visiblement très soucieux d’assurer une digestion tranquille à ses ouailles. La séance photo impromptue est alors expédiée en moins de temps qu’il ne faut pour dire « cheese » et Rob Lowe en profite pour rejoindre à déjeuner son copain Michael Jackson dans un palace voisin. De passage à Paris pour assurer la promotion de « Masquerade », son nouveau film, l’acteur est d’abord soulagé de s’entendre poser des questions sur sa jeune carrière plutôt que sur ses idylles passées et présentes.

Rob Lowe

Désigné par une certaine presse américaine comme le successeur de Warren Beatty au rang de grand dragueur devant l’Eternel, Rob Lowe avait, jusqu’ici et à la différence de son illustre aîné, toute les peines du monde à être vraiment pris au sérieux. Issu de la fameuse portée surgie au début des années 80, comprenant des acteurs aussi prometteurs que Sean Penn, Tom Cruise, Charlie Sheen, Matt Dillon et Emilio Estevez, réunie devant les caméras de Francis Coppola dans « Outsiders » et hâtivement popularisée sous le sobriquet de « Brat pack » (la band des mômes), Lowe a longtemps été considéré comme le beau gosse de la bande. (Mal) utilisé dans des bluettes inoffensives telles que « Class » et « Oxford blues », il apparaît ensuite dans des films plus ambitieux, mais pas toujours aboutis (« L’hôtel New Hampshire », « A propos d’hier soir… »). En 1986, il incarne un handicapé mental dans « Square dance », un drame qu’il tient tellement à tourner qu’il accepte d’être salarié au minimum syndical. Le pari se révèle payant car, pour une fois, les critiques sont unanimes pour louer son jeu et Rob se voit même attribuer une nomination au Golden globe award du meilleur comédien de cette année-là. Deux ans (et une dizaine de fiancées) plus tard, Mister Lowe est de retour dans « Masquerade », réalisé par Bob Swaim. Oubliés les violons de « Square dance » et place à un tout autre type de composition, volontiers plus ambigu. Cette fois-ci, il incarne un machiavélique gigolo plus émoustillé par la fortune de sa dulcinée que par ses appas. De ce rôle, ainsi que des précédents et de son parcours particulier, Rob en parle volontiers ici.

Rob Lowe Masquerade

En toute liberté. Pour « Outsiders », j’ai dû auditionner pendant de nombreuses semaines alors qu’en général, les auditions ne dépassent pas quelques jours. Francis Coppola faisait régner une atmosphère de compétition sur le plateau et faisait lire à chacun des acteurs pressentis tous les rôles pour voir avec quel personnage leur personnalité s’accordait le mieux. Le tout était filmé en vidéo, ce qui était nouveau pour l’époque. Aujourd’hui, quand on voit que le générique du film réunit Tom Cruise, Matt Dillon, Emilio Estevez ou Patrick Swayze (vedette, en 1987, de « Dirty dancing »), on se rend compte à quel point Coppola fait souvent preuve d’un flair extraordinaire. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois. Souvenez-vous que, lorsqu’il a dirigé « Le parrain » en 1971, et qu’il a confié des rôles à James Caan, Al Pacino ou Robert Duvall, ceux-ci n’étaient pas très connus à l’époque.

Rob Lowe Brat Pack

« Brat pack » à la folie avant le tournage de « Outsiders », j’étais ami avec Emilio Estevez et je connaissais un peu moins bien Tom Cruise, Ralph Macchio et Matt Dillon. Aujourd’hui, je suis d’autant plus fier de constater leur succès que cela atténue le côté péjoratif et la connotation négative associés au terme de « Brat pack » aux Etats-Unis.

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