Le prisonnier, chef-d’œuvre télévisionnaire

«Je ne suis pas un numéro, je suis un homme libre !». Tout le monde se souvient de cette phrase-clé, clamée par le Prisonnier face à l’infini du ciel. Cette série a intrigué et enthousiasmé au moins deux générations de téléspectateurs. C’est donc fort logiquement qu’Helene Oswald et Alain Carraze lui consacrent aujourd’hui un formidable livre-hommage intitulé «Le Prisonnier, chef-d’œuvre télévisionnaire», aux éditions Néo. Dans les années 60, la firme anglaise ITC s’est imposée par sa capacité à concevoir et à réaliser avec succès des histoires vendues dans le monde entier, en particulier aux États-Unis. Parmi les plus connues, citons «Le Saint» et «Destination dangers».Le prisonnier «Le Prisonnier» va profiter de cette période d’opulence. L’idée de base appartient à George Markstein, un écrivain spécialisé dans l’espionnage («Espion, lève-toi», réalisé au cinéma par Yves Boisset, avec Lino Ventura). Un agent des services secrets, après avoir donné sa démission, est emprisonné contre son gré, non dans une maison cage, mais dans une petite villa, hautement surveillée, et dont la localisation reste inconnue. Mais Patrick McGoohan, le John Drake de «Destination danger», prend vite les choses en main et soumet à Lew Grade, le PDG d’ITC, le traitement de base, les photos d’un lieu de tournage possible et même un budget prévisionnel. Le premier tour de manivelle a lieu au village de Portmeirion le 5 septembre 1966. Les dix-sept épisodes que compte la série seront tournés en l’espace de deux ans. Mais Patrick McGoohan s’investit tellement dans ce qu’il considère comme son œuvre, que le dénouement (fall out) sera créé et filmé dans la douleur. McGoohan devenant de plus en plus exigeant, pour ne pas dire caractériel. II tient à assumer le contrôle total et va s’attirer des inimitiés si violentes que sa carrière s’en trouvera un temps compromis. Vous saurez tout sur la grande et la petite histoire de cette série mythique en lisant attentivement cet ouvrage luxueux. Dans sa première partie, plusieurs personnalités donnent leur avis sur «Le Prisonnier». Citons, parmi elles, Jacques Sternberg, Isaac Asimov et le toujours génial Roland Topor. Ensuite, Helene Oswald présente et résume la totalité des épisodes. En fin, sous le titre générique de «L’histoire de l’Histoire», Alain Carraze nous décrit le tournage dans ses moindres détails, la vie et l’œuvre de Patrick McGoo-han, et nous propose une visite guidée du village réel. On peut difficilement faire plus complet et si, par pur miracle, vous ignorez tout du «Prisonnier», ce livre constituera une passionnante initiation aux rites et aux mystères insondables de cette série-culte. Éditions Néo, 5, rue Cochin, 75005 Paris. Tel : 43.54.48.51. Prix an souscription : 396 francs. Prix public : 450 francs. Dernière minute : un éditeur français de cassettes vidéo est actuellement an pourparlers avec la firma ITC pour la diffusion, chez nous, de l’intégralité de la série. Signalons aussi que les cassettes sont déjà disponibles en Pal et en VO non sous-titrée au Virgin Mégastorea Paris.

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