Confession criminelle

Réglons tout de suite son compte, si l’on peut dire, à l’histoire. La ville de Detroit est en émoi. Un psychopathe assassine des prêtres et des religieuses sans aucune raison apparente, signant ses meurtres d’un chapelet noir qu’il dépose sur les cadavres. Le père Koesler, vicaire d’une paroisse et responsable d’un journal catholique, n’est pas concerné par cette série de crimes, mais s’engage à aider la police dans ‘ses recherches. Jusqu’au jour où le tueur fou vient se confesser à lui. Tiraillé entre le souci de ne pas trahir le secret de la confession et celui d’arrêter le massacre, Le père Koesler va s’efforcer de protéger les futures victimes. Il est le seul à savoir qui et pourquoi… Adapté du superbe roman d’Elmore Leonard, «Rosary murders», ce «confession criminelle» fait penser à la production récente de Jean-Jacques Annaud. «Le nom de la rose» et surtout, au remarquable film du mythique Alfred Hitchcock, «La loi du silence» avec Montgomery Clift. Car le centre, lenœud de l’intrigue, se situe dans le secret de la confession qui remet en cause les institutions et même la morale de notre société. Et Fred Walton s’en sort admirablement dans sa mise en scène, ménageant les susceptibilités religieuses tout en posant la question : que doit faire un prêtre dans une telle situation? Ce désarroi est rendu de – façon plus que convaincante par un Donald Sutherland parfait en tout point. Il est vrai qu’il a déjà enfilé la soutane dans «Petits meurtres sans importance» d’Alan Arkin et dans «Act of the heart» de Paul Almond. L’expérience, ça paye. Et il n’en manque pas le bougre (voir portrait par ailleurs) qui a trimballé sa grande carcasse (près de 2 mètres) et son indéniable talent dans des productions aussi célèbres que «Mash», «Klute», «Casanova» ou «Des gens comme les autres». «Confession criminelle» est son cinquantième film et il avoue : «Aujourd’hui, j’en suis arrivé à un point où je peux me permettre de choisir des films qui sont à mon goût. Celui-ci en estun. Il requiert des qualités d’acteur qui sont très importantes pour moi. De plus, Fred Walton est un excellent metteur en scène.» Ce n’est pas nous qui dirons le contraire. En effet, Fred Walton a su créer une atmosphère très particulière où se mêlent l’angoisse, la violence meurtrière et la réflexion. C’est le quatrième long métrage de ce «jeune» réalisateur qui a déjà à son palmarès «April fool’sday», «Hadley’srebellion» et, surtout, «Terreur sur la ligne» (prix spécial du jury au Festival d’Avoriaz 1980) avec Carol Kane et Charles Durning. Ce dernier est d’ailleurs le «confrère» intolérant et conservateur de Sutherland dans le film qui nous intéresse. Spécialiste des seconds rôles, il a fait une belle carrière avec des films tels que «Sœurs de sang» de Brian de Palma, «L’arnaque» de George Roy Hill, «Un après-midi de chien» de Sidney Lumet ou «Tootsie» de Sydney Pollack. Une distribution de choix, une histoire prenante et du suspense, tous les ingrédients sont réunis pour faire de «Confession criminelle» un des grands succès vidéo de cette fin d’année. S’il vous reste quelques doutes, comme le père Koesler, écoutez les différentes émissions de Skyrock qui font la part belle à ce Coup de cœur. Un coup de cœur à qui on donnerait le bon Dieu sans confession…

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