Black Rain

Black RainNick Conklin, flic new-yorkais, sa vie, ses œuvres, ses désespoirs : sa femme réclame le divorce, ses supérieurs hiérarchiques le soupçonnent de toucher des pots-de-vin et, pour couronner le tout, le truand japonais qu’Il était supposé remettre aux autorités nippones lui file entre les doigts. Que demander de pire ? La réponse arrive rapidement : retrouver le malfrat à Osaka, mégalopole froide et impersonnelle que Conklin sillonne au péril de sa vie. En demandant à Ridley Scott de mettre en scène une histoire où un chat désabusé traque une souris meurtrière, les producteurs de «Black rais» savaient parfaitement à quoi s’en tenir. La trame n’est qu’un prétexte, pas très original, mais habilement amené et traité. On l’a compris, l’essentiel est ailleurs. D’ abord dans la performance de Michael Douglas, plus physique, mais tout aussi convaincante que les précédentes. Ensuite et surtout dans l’importance accordée par Scott au lieu de l’action, le Japon, considéré ici comme partie intégrante de l’intrigue et non pas comme un quelconque décor de carte postale. Le choc des cultures et des mentalités oppose le flic new-yorkais iconoclaste à son homologue nippon respectueux des traditions. Totale dans un premier temps, l’incompréhension qui les sépare s’atténue progressivement sans totalement s’effacer. Et lorsque Nick Conklin affronte le dangereux truand bridé, il oublie rapidement ses velléités de sobriété pour user (et abuser) de la méthode Rambo. De stylisée, sa violence devient gratuite au grand dam de la cohésion de l’ensemble. Voir Michael Douglas lorgner du côté de Stallone ne manque pas de piquant. Espérons qu’un jour, l’inverse soit également possible…

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