A comme Alien

A comme AlienAbyss et «Ah, j’ai mai!» On connaissait déjà, depuis «Blade runner», la fantastique capacité de Ridley Scott à créer un climat. C’est vraiment avec «Alien» qu’il confirme ce réel talent. Ici, l’enfermement confine à la claustrophobie. Le malaise s’accroît, inéluctable, au fil d’une intrigue oppressante jusqu’au malsain. Si tout a été dit, écrit et pensé sur ce joyau noir, on peut encore aujourd’hui gloser sur ses prolongements médico-psychanalytiques. L’infâme créature dessinée par H.R. Giger aurait-elle préfiguré le Sida ? On est en droit de le penser, vu l’aspect prophétique de cette œuvre magistrale, qui obtint en 1979 l’Oscar des effets spéciaux à Hollywood. Le succès mondial interpelle la Fox, qui confie la réalisation de la suite à James «Terminator» Cameron. L’aspect hautement militariste de l’entreprise prévaut sur la réflexion et l’intelligence du premier. Et l’anticommunisme sommaire qui suinte de cette trépidante pétarade peut agacer. Heureusement, avec «Abyss», Cameron témoigne d’un propos nettement plus nuancé et illustre à merveille l’adage bien connu : «l’homme est un loup pour l’homme»…

B comme bestioles

C’est dans les années 70 qu’ont proliféré sur nos écrans les bébêtes qui montent, qui croissent, qui grossissent et qui se multiplient. Entre les araignées géantes, les vers gluants, les rats monstrueux et les poissons carnivores, les SPA du monde entier n’ont pas dû chômer. Les spectateurs boudèrent rapidement ces nanars, aux effets spéciaux consternants et réalisés sur le même moule scénaristique (une manipulation hasardeuse et humaine est à l’origine des mutations). Hitchcock avait tout compris en réalisant «Les oiseaux» en 1963. Extirpons de ce bêtisier un pur chef-d’œuvre, mis en scène par George Romero en 1988, «Incident de parcours», où un chimpanzé a son mot à dire face à un adorable handicapé physique. Ce joyau distille une angoisse qui vire rapidement au «terri-fic». Amis des bêtes, adieu!

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