Archive for janvier, 2015

SOS fantômes 2

jeudi, janvier 22nd, 2015

SOS fantômes 2Du plasma rose coule dans les égouts de New York, des fantômes terrorisent la populace hébétée, l’esprit d’un tyran moldave hante le Musée d’As de Manhattan. Et la chanson-générique du film de demander «Who you’re gonna call?» (Qui allez-vous appeler?). Réponse à mille francs (et à des millions de spectateurs) Ghost busters, bien évidemment. Cinq ans après le premier opus, revoilà nos lascars, tels que le succès du premier épisode les a laissés ou presque. Bien sûr, Dan Aykroyd a pris entre-temps autant de kilos que Liz Taylor après un spaghetti party. Bien sûr, Sigourney Weaver semble prête à dégainer à tout moment sa panoplie d’Alien girl. Bien sûr, les scénaristes n’ont pas beaucoup fait évoluer intrigue et personnages. Pourtant, passées ces réserves, eh bien… on rigole souvent tout au long de «SOS fantômes 2», même si on aurait souhaité plus de folie de la part du réalisateur et des auteurs. Comme dans beaucoup de «suites» de film à succès, on sent que les producteurs ont voulu à tout prix recopier le contenu de l’épisode initial en reprenant les mêmes recettes et les mêmes gimmicks. Ça marche plus ou moins cette fois encore, mais un regain d’originalité est ardemment souhaité pour l’éventuel troisième épisode…

L’homme qui voulait savoir

L'homme qui voulait savoirUne jeune Hollandaise disparaît dans un parking d’autoroute en France. Son mari part à sa recherche. Vainement. Des mois après l’homme responsable de cette disparition attire le mari sur une nouvelle piste et lui propose un marché : s’il veut savoir la vérité, il devra accepter de subir une dernière épreuve. Voilà un film qui ne ressemble à aucun autre. L’histoire criminelle, et à suspense, se double du portrait d’un assassin hors du commun : un homme apparemment ordinaire, un esprit curieux et scientifique, qui a choisi le crime comme terrain d’expérimentation. Nous sommes déconcertés, intrigués, passionnés, jusqu’à un final aussi choquant que logique. Avec «L’homme qui voulait savoir», Georges Sluizer a réussi un film obsessionnel, un peu dans la lignée du «Voyeur» ou de «Matador». Une œuvre perverse, servie par Bernard-Pierre Donnadieu dans ce qui est peut-être son meilleur rôle. Une composition fascinante, subtile et puissante qui prouve que ce comédien est, chez nous, scandaleusement sous-employé.

Black Rain

mercredi, janvier 7th, 2015

Black RainNick Conklin, flic new-yorkais, sa vie, ses œuvres, ses désespoirs : sa femme réclame le divorce, ses supérieurs hiérarchiques le soupçonnent de toucher des pots-de-vin et, pour couronner le tout, le truand japonais qu’Il était supposé remettre aux autorités nippones lui file entre les doigts. Que demander de pire ? La réponse arrive rapidement : retrouver le malfrat à Osaka, mégalopole froide et impersonnelle que Conklin sillonne au péril de sa vie. En demandant à Ridley Scott de mettre en scène une histoire où un chat désabusé traque une souris meurtrière, les producteurs de «Black rais» savaient parfaitement à quoi s’en tenir. La trame n’est qu’un prétexte, pas très original, mais habilement amené et traité. On l’a compris, l’essentiel est ailleurs. D’ abord dans la performance de Michael Douglas, plus physique, mais tout aussi convaincante que les précédentes. Ensuite et surtout dans l’importance accordée par Scott au lieu de l’action, le Japon, considéré ici comme partie intégrante de l’intrigue et non pas comme un quelconque décor de carte postale. Le choc des cultures et des mentalités oppose le flic new-yorkais iconoclaste à son homologue nippon respectueux des traditions. Totale dans un premier temps, l’incompréhension qui les sépare s’atténue progressivement sans totalement s’effacer. Et lorsque Nick Conklin affronte le dangereux truand bridé, il oublie rapidement ses velléités de sobriété pour user (et abuser) de la méthode Rambo. De stylisée, sa violence devient gratuite au grand dam de la cohésion de l’ensemble. Voir Michael Douglas lorgner du côté de Stallone ne manque pas de piquant. Espérons qu’un jour, l’inverse soit également possible…