Archive for novembre, 2014

Interview J.P Belmondo : itinéraire d’un acteur gâté

jeudi, novembre 20th, 2014

BelmondoC’est un monument, une des trois ou quatre stars du cinéma français. Il a tourné avec les plus grands réalisateurs, joué auprès des acteurs et actrices les plus importants. Jean-Paul Belmondo a près de 70 films à son palmarès. Acteur fétiche de la Nouvelle Vague, flic champion du box-office, il entame aujourd’hui une nouvelle carrière, alternant avec bonheur la scène (le triomphe de «Kean» et, en janvier, «Cyrano de Bergerac») et des films plus «humains» («Itinéraire d’un enfant gâté», de Claude Lelouch, qui sort ce mois-ci en vidéo chez Fil à Film). Interview d’un monstre.., de professionnalisme et de sensibilité.

Avez-vous déjà eu la tentation, comme Sam le héros du film de Lelouch, de tout lâcher pour vivre oublié de tous?

J’aime trop jouer la comédie pour partir définitivement. Il m’arrive, comme tout le monde, de m’évader un mois pour me reposer, pour recharger mes batteries. Si un jour je n’ai plus envie de faire l’acteur, je partirai définitivement, sans comeback. Mais ce n’est pas pour demain.

Référence au film. Pour boire, bouffer et baiser,pensez-vous vraiment que les animaux se «démerdent» mieux que nous?

Ils se posent moins de questions, c’est sûr. Dans le film, de nombreuses scènes avec les lions ont été coupées pour ne pas faire un documentaire à la Frédéric Rossif, mais il y a une cruauté chez les animaux qui n’a pas cours chez les hommes. Enfin presque… (rires).

En ce qui concerne les bateaux, on avait l’habitude de vous voir sauter dessus depuis un hélicoptère.Dans «Itinéraire d’un enfant gâté», vous avez plutôt un côté Kersauson.Quel changement!

Dans la vie, je suis plutôt hors-bord que voiliers, mais ça a été une expérience intéressante. Et puis vous savez, le côté cascadeur, c’est fini pour moi. Il faut savoir s’arrêter au bon moment. Je ne veux pas qu’on dise : «Ah, pour son âge, il est encore en forme.» J’ai eu assez de plaies et de bosses dans ma carrière et je ne souhaite pas entendre ce genre de phrases. Pour comparer avec le sport, je pense que les gens préfèrent voir un champion partir après une victoire plutôt que de le voir décliner en faisant traîner sa carrière. Je me retire de la catégorie après m’être beaucoup amusé, sans aucun regret. Rassurez-vous, je suis toujours en pleine forme…

Comme le héros du film,êtes-vous un enfant gâté?

Je suis un enfant très gâté. J’ai eu de la chance, mais j’ai su la saisir au bon moment. Dans mon métier, je n’ai jamais eu de période noire.-J’ai des enfants formidables, j’ai eu un père et j’ai toujours une mère fantastiques, et j’ai de l’argent pour vivre très bien. Je fais partie de ceux qui disent merci tous les matins.

Faites-moi une confidence, mes copines en seraient ravies. Êtes-vous un bon coup?

(Rires). Être un bon coup ou pas, cela fait surtout partie de la légende et des papotages entre femmes. A mon avis, ça dépend de la personne avec qui vous êtes. Telle femme va être ravie de vos «prestations» et une autre risque d’être déçue. C’est la même chose dans l’autre sens, si l’on peut dire.

Des cassettes, en vision-nez-vous autre part qu’au fin fond de l’Afrique?

Bien sûr. J’ai une belle vidéothèque chez moi. J’adore revoir de vieux films, mais surtout pas les miens. Pour un acteur, c’est terrible de se revoir à vingt-cinq ou trente ans. J’ai du mal à me sentir concerné, j’ai l’impression de voir mon fils. Je visionne surtout des vieux polars américains, des classiques français des années 40-50. Ce n’est pas toujours facile d’en trouver, mais je me débrouille. Aujourd’hui, les gens préfèrent la couleur au noir et blanc, la télévision ne diffusant pratiquement plus de ces superbes productions qui pourraient séduire un public jeune. C’est dommage…

Votre fils fait une apparition dans «Itinéraire…». Avez-vous toujours aussi peur au bord des circuits et pensez-vous qu’il fera un jour carrière en F1?

Belmondo 2Oui, j’ai toujours peur. Lorsqu’on voit son fils arriver dans un virage à 300 km/h, on frémit. Je ne sais pas s’il va faire une carrière en F1 car je crois que cela dépend de la voiture qu’il conduit. Jusqu’à maintenant, il n’a pas vraiment eu le véhicule pour s’exprimer. Je souhaite surtout qu’il n’ait aucun regret…

Si vous obteniez un nouveau César, le refuseriez-vous toujours comme vous l’avez fait cette année?

Jusqu’à ma mort, je refuserai cette distinction. J’espère que l’on ne m’en décernera pas un à titre posthume. Je vais être obligé de l’interdire par testament. Blague à part, je respecte les acteurs qui participent à cette manifestation et qui montent sur scène mais, comme je l’ai déjà dit, la reconnaissance du public est pour moi la plus grande distinction. Par exemple, quand le public m’a chanté «Ce n’est qu’un au revoir» lors de la dernière de «Kean», je n’aurais pas échangé ce moment contre mille Césars.

A ce propos, comment jugez-vous, avec le recul, ce retour sur scène?

Ça restera un des plus beaux souvenirs de ma vie. C’était un pari difficile que j’ai prétentieusement réussi. J’aurais pu jouer la pièce encore longtemps…

Vous répétez actuellement le «Cyrano de Bergerac» mis en scène par Robert Hossein. C’est un spectacle qui a eu du malà se monter, non?

Ça a été très dur. C’est la première fois que cette pièce est montée dans un théâtre privé, qui ne bénéficie d’aucune subvention de l’État, et la lourdeur du budget, avec 42 personnes dans la distribution, a effrayé dans un premier temps les responsables de la salle. C’est désormais en très bonne voie…

Au moment où vous serez Cyrano au Théâtre Marigny, le «Cyrano» de Jean-Paul Rappeneau sortira en salle avec Gérard Depardieu dans le rôle titre. On s’attend à un combat de titans…

Pour être très honnête, je dois avouer que j’aurais préféré qu’il y ait un décalage entre les deux événements. Cela dit, nous n’avons pas le même challenge car, pour un film, vous êtes obligé d’adapter l’histoire alors que nous allons rester fidèles au texte. Le jeu est différent, le support est différent, on verra bien. Et puis ça fait partie du métier d’acteur de «subir» les comparaisons. Ça ne me dérange pas, chacun suit son chemin…

En dehors du plateau de«7 sur 7», comment réagissez-vous à l’actualité?

J’ai été très sensible à ce qui s’est passé en Chine et je suis ravi de voir que la Hongrie et l’Allemagne de l’Est se démocratisent grâce à l’action, entre autres, de Gorbatchev. Parallèlement, je suis scandalisé par la -dictature qui fait des ravages en Roumanie. Les dictatures sont horribles à droite comme à gauche, et tout le monde s’en fout. On met des badges, mais on ne va pas délivrer les gens. Regardez la Pologne, le Liban, etc.

Mi-gangster, mi-clown dans «Hold-up», enfant de la balle dans «Itinéraire…», le cirque vous fascine tant que ça ?

Ma mère m’y a amené très jeune et j’ai toujours été fasciné par le cirque. Je regrette qu’en France, les cirques disparaissent les uns après les autres.

Belmondo 3Un rôle comme celui de Delon dans la série «Cinéma» vous ferait-il enfin draguer pour la télévision?

Pas du tout. Je n’ai pas d’attirance pour ce média. Je passe suffisamment souvent à la télévision avec mes films et dans quelques émissions pour me contenter de mon statut d’acteur de cinéma. Si Delon a fait cela, c’est qu’il en avait envie. Ce n’est pas mon cas.

Le tennis, c’est uniquement dans une loge de Roland-Garros ou pratiquez-vous toujours assidûment?

J’adore jouer au tennis et je l’apprécie d’autant plus quand je vais voir les grands joueurs.

Que faites-vous quand vous ne travaillez pas?

Je travaille beaucoup. Je m’occupe des œuvres de mon père, je produis des films, etc. Autrement, je voyage, je vais au spectacle, je joue au tennis et j’adore le farniente.

Une journaliste a demandé récemment à Marion Brando comment il réagissait au fait qu’il était considéré comme le plus grand acteur vivant au monde. Il a répondu que les gens avaient toujours besoin de ces critères du plus grand, du plus fort,du plus beau. Comment répondriez-vous à la même question ?

Là encore, c’est une question d’appréciation selon les individus et, de toute façon, je réagirais comme Brando. Quelqu’un va vous sauter dessus dans la rue en vous disant que vous êtes le meilleur et, deux minutes après, va dire la même chose à Delon s’il passe à son tour. Le principal, c’est qu’un minimum de gens le dit, non?

Quels sont vos projets cinématographiques?

Je ne suis pas pressé. J’ai des projets en cours dont un, à nouveau, avec Claude Lelouch. Je veux éviter les polars bien évidemment. Pas de «Flic contre le guignolo» en vue. J’ai fait ces films au bon moment pour le public comme.., pour moi. D’ailleurs, j’ai joué «Kean» alors que «Le solitaire» n’était pas encore sorti et je savais déjà que ce serait le dernier du genre. Le succès moyen de ce film n’a fait que confirmer mon désir. Et puis je vais vous avouer une chose, je sentais vraiment le besoin de revenir à de «vrais» rôles et à de «vrais» textes. Dans les films policiers, c’est «Passe-moi le sel» ou «bouge pas, tu vas en prendre une», deux gifles, un sourire sardonique et l’affaire est dans le sac. Je ne renie rien, mais j’avais besoin de passer à autre chose. Quand j’étais plus jeune, il s’est produit le même phénomène dans la période Godard, Louis Malle, etc. J’en avais marre de faire des films intellos. Amusant, n’est-ce pas?

Quelle est la question la plus pourrie qu’un journaliste vous ait posée?

Il n’y en a pas une en particulier. Je n’aime pas beaucoup qu’on aborde les problèmes de ma vie privée, en plus de façon sordide. L’argument est que ça intéresse les gens. Franchement, je crois que les gens s’en foutent.

Vous couchez avec qui en ce moment?

(Éclat de rire)…

Traci Lords en pleines formes

mardi, novembre 11th, 2014

S’agirait-il, en quelque sorte, d’une épidémie, ou, plus prosaïquement, d’un virus subtil et pernicieux qui pousse les plus ravissantes actrices made in US à prodiguer aux plus communes des mortelles des leçons d’amaigrissement et d’anticellulite, par films ou bouquins interposés? On serait tenté de le croire, puisque après Jane Fonda la frondeuse et Raquel Welch la pulpeuse, voilà qu’apparaît sur un marché, que d’aucuns — des gros, sans doute! — qualifiaient déjà de sursaturé, une nouvelle cassette adorablement animée par Trac’ Lords, intitulée avec une justesse qui frôle la tautologie, «Mise en forme avec Traci Lords» (Hachette Vidéo, distribuée par Film Office).Traci Lords en pleines formes Mais peut-être n’est-il pas inutile de revenir sur l’étonnante carrière de la dénommée Lords. Traci a eu l’immense bonheur de concrétiser ses multiples talents dès son plus jeune âge. En effet, à l’instar de Shirley Temple, elle a débuté dans le métier du showbiz alors même qu’elle était mineure. Oh! Certes, elle a refusé d’emblée un remake de «Jeanne d’Arc», une nouvelle vie de Thérèse, le rôle de Marie dans «Jésus de Nazareth» et l’interprétation carrément subliminale de Bernadette Soubirous, qui lui auraient pourtant valu un pont d’or à Hollywood. Cette jeune fille pas trop sage a préféré sans conteste prendre une direction certainement plus farfelue, mais davantage lucrative. Elle a manifesté très vite des aptitudes résolument hors du commun pour des positions qui relèvent davantage de l’acrobatie que de la simple mouvance. La belle Traci a donc été très vite remarquée pour ses performances athlétiques. D’autant qu’elle savait, à la suite d’un entraînement rigoureux, voire draconien, faire fonctionner tous, je dis bien tous, les muscles de son corps félin. Les amateurs, les vrais, c’est-à-dire ceux qui l’ont suivie depuis le début, se souviennent encore de sa surprenante agilité bucco-linguale dans des situations où d’autres, moins en condition, auraient depuis longtemps renoncé, abandonné, abdiqué, capitulé. Ou encore l’étonnante mobilité de ses glandes mammaires, dont elle savait jouer avec un art de pro, tellement consommé qu’on aurait cru ses seins «graffités» par un preux Botticelli, chantre énamouré des poitrines imposantes, mais qui jamais ne tomberont. Mais il conviendrait aussi, et nous pourrions en gloser à l’encan, d’évoquer l’inimitable façon dont elle bouge ses mirifiques globes fessiers. On les jurerait indépendants, mus magiquement d’une vie autonome, tant leur joie de vivre s’exprime en grand bonheur. Les puristes chercheraient en vain la moindre trace de vergetures, de points noirs ou d’infamantes purulen-ces. Que nenni ! Elle ignore avec mépris la fesse en goutte d’huile, le cuissot vergeteux et la culotte de jument, la grande Traci. Elle affirme au contraire son goût prononcé pour l’infinie pureté des formes, et cette cassette de gym tonic en apporte la preuve la plus éclatante. Car, en effet, Traci Lords nous propose ici un extraordinaire programme de gymnastique en douceur. «Jazzthetics» est entièrement conçu pour assouplir le corps sans jamais forcer sur les articulations, les plus minimes soient-elles Malgré la beauté revigorante de la splendide égérie, vous pouvez d’ores et déjà rassurer votre système car dio-vasculaire. Ici, on travaille dans le calme et la douceur. Point d’efforts tarabiscotés à se faire péter les lombaires, pas de -mouvements désordonnés au point de s’éclater une vertèbre, la vie qui rassérène s’écoule ici comme un ruisseau bien calme. Précisons toutefois que cette méthode, totalement novatrice, a été spécialement créée pour combattre, et pourquoi pas vaincre, la cellulite et ses nombreux méfaits. Tanya Everett, chorégraphe au President ‘s council of physical fitness, a con- t sacré plusieurs de P4’, ses meilleures années à mettre au point ces divers exercices d’assouplissement destinés, a l’origine, aux danseurs de jazz On peut considérer cette cassette comme le dernier cri en matière d’aérobic souple. Décidément, Traci Lords nous étonnera toujours avec autant d’acuité, tant par ses formes que par sa forme!