Archive for août, 2014

Aux frontières de l’aube (NEAR DARK)

jeudi, août 21st, 2014

NEAR DARKSoyons francs : si on a tant remarqué, à Avoriaz et après, ce bon petit film de vampires à la mode, c’est qu’il était réalisé par une femme, la Californienne Kathryn Bigelow, ce qui n’est pas si courant dans le genre. La belle Kathryn a fait craquer plus d’un journaliste ! On peut s’en féliciter car son film, sans être le chef-d’œuvre romantique-échevelé qu’on a dit parfois, exploite d’une manière originale le thème du vampirisme. Son héros, le jeune Caleb, fils d’une famille de fermiers d’Oklahoma, rencontre la fascinante Mae qui suce une glace au clair de lune. Vous l’avez deviné : la belle a des crocs acérés. De plus, elle appartient à une bande de vampires féroces. Rien à voir avec Dracula, les. histoires d’ail et de crucifix… On pense plutôt aux loubards d’Orange mécanique. Touchée par le mortel, Mae voudrait bien qu’il se joigne à la troupe, mais pour cela, il faut qu’il meure afin de renaître à la vie nocturne des Enfants de la nuit. Sèche, rapide, parfois brutale, la mise en scène de Kathryn Bigelow nous permet d’y croire d’un bout à l’autre !

Anguish

Si «Angoisse», alias «Anguish» ou plutôt «Angustia», car la chose est espagnole, a récolté en 88 le Prix très spécial, quatrième du nom, ce n’est pas pour des prunes. Plutôt pour des prunelles, si on avait le cœur de plaisanter avec une histoire si cruelle, puisque son tueur maniaque, assistant en chirurgie ophtalmologique (brrr…), prélève et collectionne les yeux de ses victimes. Il faut le voir les passant sous le robinet, les classant dans des fioles. Cet individu, ô surprise, n’est que le héros d’un film d’horreur style nanar-sixties, projeté dans une salle où les adolescentes pop-corn se pâment de peur tandis qu’un vrai tueur, fan du film, le revoit pour la 123e fois, ayant décidé d’imiter son héros. Comme celui-ci, sur l’écran (vous suivez toujours, dans le fond ?) va lui-même au cinéma. ce qui se passe dans le faux film va se reproduire dans le vrai, on finira par ne plus très bien voir la différence entre les deux, voilà la spirale du vertige et de la fascination que ce rusé compère de Bigas Luna n’arrête pas de nous suggérer par des effets visuels «hypnotiques». Bref, c’est de l’humour, espagnol-sanglant, qui atteint les sommets de l’horreur gore en même temps qu’un jeu éblouissant sur le cinéma considéré comme une usine à névroses ! Réjouissant.